
Kamel Derouiche – Avocat pénaliste à Paris
Maître DEROUICHE est diplômé de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, il exerce exclusivement en droit pénal.
En qualité d’avocat pénaliste, il a développé une expertise particulière en matière de de blanchiment d’argent commis en bande organisée.
Me Derouiche intervient en défense des personnes mises en cause dans des dossiers liés à la criminalité financière à Paris et dans toute la France.
Avocat expert en blanchiment d’argent à Paris
Le blanchiment d’argent est une infraction prévue par les articles 324-1 et suivants du Code pénal.
Il consiste à faciliter la justification mensongère de l’origine de biens ou de revenus provenant d’un crime ou d’un délit, ou à participer à une opération de placement, de dissimulation ou de conversion du produit d’une infraction.
Cette définition recouvre des situations très concrètes. Le blanchiment ne suppose pas nécessairement des montages complexes : des opérations simples peuvent suffire dès lors qu’elles ont pour effet de masquer l’origine des fonds.
Il s’agit d’une infraction autonome, qui peut être poursuivie indépendamment de l’infraction d’origine, dès lors que les éléments du dossier permettent d’en présumer l’existence.
Les mécanismes du blanchiment : placement, conversion et dissimulation
En pratique, les opérations de blanchiment s’articulent autour de trois mécanismes principaux.
Le placement
Le placement correspond à l’introduction des fonds dans le circuit économique. Il peut s’agir de dépôts en espèces, d’achats de biens ou d’investissements.
La conversion
La conversion consiste à transformer les fonds afin d’en brouiller la traçabilité. Cela peut passer par des virements successifs, des transferts internationaux ou des opérations financières multiples.
La dissimulation
La dissimulation vise à masquer l’origine ou le bénéficiaire réel des fonds. Elle peut reposer sur des sociétés interposées, des prête-noms ou des montages juridiques.
Dans les dossiers, ces mécanismes s’enchaînent souvent dans une logique globale de circulation des fonds.
Blanchiment aggravé et blanchiment en bande organisée
Le blanchiment peut être aggravé en fonction des conditions dans lesquelles il est commis.
Il est notamment considéré comme aggravé lorsqu’il est réalisé de manière habituelle, dans un cadre structuré ou en utilisant des moyens professionnels.
La circonstance de bande organisée suppose l’existence d’une organisation entre plusieurs personnes, caractérisée par une coordination ou une répartition des rôles.
Dans ces dossiers, les juridictions ne se limitent pas à des actes isolés. Elles recherchent une logique d’ensemble.
Peines encourues :
- 10 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour le blanchiment aggravé
- jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle et 3 000 000 € d’amende en cas de bande organisée
La présomption de blanchiment : une logique centrale en pratique
En matière de blanchiment, les poursuites peuvent sur une logique de présomption. C’est à dire un renversement de la charge de la preuve.
Il n’est donc pas nécessaire d’identifier précisément l’infraction d’origine. Les juridictions peuvent retenir que les fonds ont une origine illicite à partir d’éléments objectifs.
Cette présomption peut résulter :
- d’un décalage entre revenus déclarés et patrimoine
- de flux financiers atypiques
- d’opérations sans justification économique
- de circuits financiers opaques
Cette approche est centrale en pratique, car elle permet de construire une accusation à partir d’un faisceau d’indices.
La défense consiste alors à apporter des explications précises et documentées et à renverser la présomption.
Enquêtes en matière de blanchiment et services spécialisés
Les enquêtes en matière de blanchiment d’argent sont conduites par des services spécialisés disposant de compétences techniques en matière financière, patrimoniale et numérique.
Elles sont généralement confiées à des unités de police judiciaire dédiées à la délinquance économique et financière, communément désignées comme brigades financières. Ces services interviennent sous l’autorité du procureur de la République ou d’un juge d’instruction, en particulier dans les dossiers complexes ou à forts enjeux.
Lorsque les faits présentent une dimension organisée, nationale ou internationale, les investigations peuvent être centralisées au sein de juridictions spécialisées (JIRS), avec une coordination renforcée entre les différents services d’enquête.
Une enquête fondée sur l’analyse des flux
Contrairement à d’autres infractions, les enquêtes en matière de blanchiment reposent rarement sur des constatations immédiates. Elles s’inscrivent dans la durée et visent à reconstituer un schéma financier global.
Les enquêteurs procèdent à une analyse détaillée des flux afin d’identifier d’éventuelles incohérences. Ils examinent notamment les mouvements bancaires, les flux internationaux, les transferts entre comptes, ainsi que les déclarations fiscales et la situation patrimoniale.
L’analyse porte également sur les acquisitions de biens afin d’en vérifier la cohérence avec les ressources déclarées.
L’objectif est de retracer la circulation des fonds et de déterminer si les opérations observées peuvent correspondre à des mécanismes de blanchiment.
L’exploitation des données numériques et financières
Les enquêtes reposent aujourd’hui de manière croissante sur l’exploitation des données numériques.
Les téléphones, ordinateurs et supports informatiques font l’objet d’extractions permettant d’accéder aux échanges, aux historiques de navigation, aux données de localisation ainsi qu’aux outils financiers utilisés.
Ces éléments complètent l’analyse bancaire et patrimoniale. Ils permettent de contextualiser les flux et d’identifier les interactions entre les personnes mises en cause.
Dans de nombreux dossiers, c’est la combinaison entre données financières et données numériques qui permet de proposer une lecture d’ensemble du fonctionnement supposé.
Blanchiment et fraude fiscale
Le blanchiment d’argent est très fréquemment invoqué en lien avec des situations de fraude fiscale, mais il s’agit de deux infractions distinctes sur le plan juridique.
La fraude fiscale sanctionne directement le fait de soustraire volontairement des revenus ou du patrimoine à l’impôt. Le blanchiment d’argent, lui, intervient en aval ou en parallèle : il vise à dissimuler, réintroduire ou donner une apparence licite à des fonds issus d’une infraction, y compris fiscale.
En pratique, les procédures combinent souvent les deux qualifications lorsque des flux financiers non déclarés sont ensuite réinvestis, transférés ou intégrés dans le circuit économique. Cette articulation permet aux autorités de poursuite d’appréhender à la fois l’origine des fonds et leur utilisation.
La distinction entre les deux infractions est pourtant essentielle en défense, car elle conditionne la stratégie procédurale, la preuve attendue et les sanctions encourues. L’intervention d’un avocat en matière de blanchiment d’argent et de fraude fiscale consiste alors à analyser précisément la qualification retenue et à en discuter la pertinence au regard des éléments du dossier.
Saisies pénales et rôle de l’AGRASC
Les procédures de blanchiment donnent très souvent lieu à des saisies pénales, parfois dès le début de l’enquête.
Elles peuvent porter sur des comptes bancaires, des biens immobiliers, des véhicules ou des actifs financiers.
Ces mesures ont un impact immédiat, avant toute décision de condamnation.
L’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) intervient pour gérer ces biens. Elle peut administrer des comptes, gérer des biens immobiliers ou organiser la vente anticipée de certains actifs.
Son rôle s’inscrit dans une logique claire : empêcher l’utilisation des fonds suspectés et préparer leur éventuelle confiscation.
La contestation de ces saisies constitue un enjeu central de la défense.
Détention provisoire dans les dossiers de blanchiment
Dans les dossiers de blanchiment aggravé ou de blanchiment commis en bande organisée, la détention provisoire est fréquemment envisagée.
Elle peut être justifiée par la gravité des faits notamment lorsque les sommes en questions sont importantes, le risque de concertation ou encore le risque de dissimulation de preuves.
Elle peut être contestée à tout moment de la procédure.
Cas particulier : la détention d’espèces
La détention d’espèces constitue une situation fréquente dans les dossiers de blanchiment.
Elle n’est pas illégale en elle-même. En pratique, des juridictions de fonds refusent toujours d’appliquer la jurisprudence de la Cour de cassation.
Les juridictions examinent notamment l’origine des fonds, leur justification économique et les conditions de leur conservation.
Le rôle de l’avocat pénaliste en matière de blanchiment d’argent
La défense en matière de blanchiment repose sur une analyse technique des flux financiers et des éléments retenus par l’accusation.
Ces dossiers impliquent une lecture globale de la procédure. Les poursuites sont généralement construites à partir d’un enchaînement d’indices financiers, patrimoniaux et fiscaux dont la cohérence doit être discutée.
Dans ce contexte, l’intervention de l’avocat consiste notamment à :
- justifier l’origine des fonds
- contester les analyses financières
- remettre en cause les présomptions d’illicéité
- discuter les qualifications retenues
- intervenir sur les mesures de saisie et de détention provisoire
Le cabinet intervient régulièrement dans des dossiers de blanchiment d’argent et de criminalité financière, y compris dans des procédures complexes.
Il assiste les personnes mises en cause à tous les stades de la procédure : enquête, instruction, contentieux de la détention et audiences de jugement.
FAQ – Avocat en matière de blanchiment d’argent
Dans quels cas consulter un avocat en blanchiment d’argent ?
Il est recommandé de consulter un avocat intervenant en matière de blanchiment d’argent dès les premiers actes de procédure : convocation, garde à vue, perquisition ou saisie pénale.
L’intervention d’un avocat habitué aux procédures de blanchiment permet d’analyser rapidement les risques pénaux et de préparer une stratégie de défense adaptée.
Peut-on être poursuivi pour blanchiment d’argent sans preuve directe ?
Oui. En matière de blanchiment d’argent, les poursuites reposent souvent sur un faisceau d’indices.
Les juridictions peuvent retenir l’infraction à partir d’éléments financiers ou patrimoniaux jugés incohérents. L’intervention d’un avocat traitant des dossiers de blanchiment permet de contester la solidité et la lecture de ces éléments.
La détention d’espèces peut-elle constituer un blanchiment d’argent ?
La détention d’espèces n’est pas une infraction en soi. En revanche, dans certaines procédures de blanchiment d’argent, elle peut être retenue comme un élément d’appréciation.
Un avocat expert en blanchiment d’argent peut intervenir pour expliquer l’origine des fonds et remettre en cause leur qualification pénale.
Quelles sont les peines encourues pour blanchiment d’argent ?
Le blanchiment d’argent est puni de différentes peines selon la gravité des faits :
- 5 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende pour le blanchiment simple
- 10 ans et 750 000 € pour le blanchiment aggravé
- jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle et 3 000 000 € d’amende en cas de bande organisée
Un avocat intervenant en défense des personnes poursuivies pour blanchiment d’argent intervient notamment sur la qualification retenue et les circonstances aggravantes.
Comment contester une saisie pénale en matière de blanchiment d’argent ?
Une saisie pénale peut être contestée devant les juridictions compétentes.
L’avocat en blanchiment d’argent intervient pour vérifier la régularité de la mesure, sa proportionnalité et l’origine des biens saisis. Il peut également solliciter la restitution des fonds ou des biens concernés.
Comment se déroule une enquête pour blanchiment d’argent ?
Une enquête en matière de blanchiment d’argent repose sur l’analyse des flux financiers, des données bancaires et des éléments patrimoniaux.
Les enquêteurs cherchent à reconstituer l’origine et la circulation des fonds. L’avocat intervenant en matière de blanchiment d’argent peut intervenir dès ce stade pour encadrer la procédure et analyser les éléments retenus.
Combien de temps dure une enquête pour blanchiment d’argent ?
La durée d’une enquête pour blanchiment d’argent varie selon la complexité du dossier. Elle peut s’étendre sur plusieurs mois ou plusieurs années, notamment en cas de flux internationaux ou de structures financières complexes.
Pourquoi faire appel à un avocat en blanchiment d’argent ?
Les procédures de blanchiment d’argent reposent sur des analyses financières complexes et des raisonnements par indices.
L’avocat intervenant en défense des personnes poursuivies pour blanchiment d’argent assure l’analyse du dossier, la contestation des éléments retenus et la défense à tous les stades de la procédure pénale.
